Pourquoi avons-nous peur de vieillir ?
La peur de vieillir n’est pas une peur du temps qui passe. C’est plus précisément une peur de perdre — perdre son attractivité, sa pertinence, ses capacités, sa place dans un monde qui valorise la jeunesse.
Il y a d’abord la question de ce que vieillir signifie selon l’endroit d’où on le regarde. Dans une culture où la jeunesse est une valeur marchande, vieillir est présenté comme une forme de déchéance progressive. Les femmes reçoivent ce message depuis l’enfance.
Ce qui est moins discuté, c’est ce que le vieillissement apporte réellement. La légèreté vis-à-vis du regard des autres. La capacité à identifier beaucoup plus rapidement ce qui ne vaut pas qu’on s’y attarde. Ce ne sont pas des consolations. Ce sont des acquisitions réelles.
Les femmes qui vieillissent sans peur — ou avec une peur apprivoisée — partagent souvent une chose : elles ont une vie intérieure assez riche pour ne pas dépendre uniquement du regard extérieur.
La peur de vieillir est en partie une peur de devenir invisibles. Mais l’invisibilité n’est pas uniforme : on cesse d’être visible pour certains regards, tout en devenant plus visible pour d’autres.
Ellis & Cie — La Lettre
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