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Santé6 min de lecture

Pourquoi sommes-nous si fatiguées ?

La fatigue des femmes n’est pas un problème médical avant d’être un problème structurel. Certaines en font une affaire personnelle — je ne dors pas assez, je ne prends pas soin de moi, je devrais ralentir. Mais la fatigue dont il est question ne disparaît pas avec une bonne nuit de sommeil.

Ellis & Cie·28 mars 2026

Il y a plusieurs couches dans cette fatigue. La première est physique : les corps qui portent, qui gèrent, qui bougent, qui reprennent, qui ne s’arrêtent jamais vraiment. Mais en dessous, il y a la fatigue cognitive — le flux ininterrompu des petites décisions, des logistiques invisibles.

En dessous encore, il y a quelque chose de plus difficile à nommer : la fatigue d’avoir à se justifier, à se rendre légitimes, à performer dans des rôles parfois contradictoires. Cette navigation perpétuelle dans les attentes coûte une énergie que les mesures classiques de la santé ne comptabilisent pas.

Ce qui rend cette fatigue particulièrement difficile à résoudre, c’est qu’elle n’a pas de cause unique. Elle est la somme de beaucoup de petites choses qui, prises séparément, semblent insignifiantes.

Reconnaître la fatigue pour ce qu’elle est — non pas un manque de ressources personnelles mais la conséquence d’une organisation qui demande énormément — est peut-être la première étape.

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